Analyse de l'entretien de Romain Gary (archive de l'INA) - Coup de pouce

Modifié par Gaellemorois

Quelques informations sur l'art oratoire et les catégories de discours.

Dans l'Antiquité on distinguait trois catégories de discours qui nous aident encore aujourd’hui à classer les textes argumentatifs.

  • Le discours délibératif : l’orateur cherche à inciter à une prise de décision, par exemple politique. Son argumentation donne les raisons d’agir ou de voter pour tel ou tel choix. 
  • Le discours judiciaire : l’orateur dresse la liste des raisons de condamner ou d’acquitter un condamné. Son argumentation vise à convaincre un jury de rendre un verdict de culpabilité ou d'innocence et de se prononcer sur une éventuelle punition.
  • Le discours épidictique : l’orateur fait l’éloge ou le blâme d’une personne ou d’une chose. Son argumentation vise à susciter l’admiration ou la réprobation chez l’auditoire.


Dans cette interview Romain Gary justifie ses choix d'écriture et se défend contre les critiques qui lui ont été faites, son argumentation relève du discours judiciaire. Il cherche à plaider en faveur de son roman, à montrer qu'il est un bon écrivain. En ce sens, certains éléments relèvent aussi du discours épidictique.

Romain GARY est blessé que la qualité de son écriture soit mise en cause.

Voici quelques éléments de son argumentation que vous pouvez relever 


  • l’ironie : Romain Gary affirme qu'il est "désormais certain d'avoir eu le prix Goncourt" au vu des reproches qui lui sont adressés. Cette phrase un peu paradoxale et provocatrice dénonce la promptitude des journalistes à critiquer les romans primés.
  • le sarcasme : l'auteur évoque  un critique qui affirme avoir l'intention de relire un roman plus ancien de R. GARY pour corriger une première impression élogieuse du style de l'auteur ;
  • la légitimité de sa réputation : « On ne m'a fait aucun reproche » ; l'argument s'appuie ici sur le passé, sur les jugement déjà formulés
  •  des exemples précis tirés de son texte  pour justifier ses choix d'écriture
  • des références à des exemples littéraires : personnages de Giraudoux 
  • la reprise des arguments des critiques 
  • des connecteurs logiques 
  • l’implication dans son propos par le recours à la première personne : « Je prétends », « je  considère », « j'ai voulu » 
  • des formules générales : « l'écrivain doit » ; des formules impersonnelles : « on » ;
  • des questions rhétoriques et des interjections : « Oh mon Dieu », « qu'est-ce qu'on m'a fait pour… » ;
  • des formules emphatiques : « Alors voila », « ça c'est important »… ;
  • la prise à partie de son auditeur : « écoutez » ;
  • la valorisation de son inventivité verbale justifiée par les propositions subordonnées commençant par « parce que » ;
  • des métaphores frappantes : son personnage qui ne peut  pas être habillé « chez Dior » 
  • la dévalorisation des critiques qui confondent le langage du personnage et de l'auteur 
  • La justification de son choix d'écriture : le style correspond au sujet.

Source : https://lesmanuelslibres.region-academique-idf.fr
Télécharger le manuel : https://forge.apps.education.fr/drane-ile-de-france/les-manuels-libres/francais-seconde/-/tree/master?ref_type=heads ou directement le fichier ZIP
Sous réserve des droits de propriété intellectuelle de tiers, les contenus de ce site sont proposés dans le cadre du droit Français sous licence CC BY-NC-SA 4.0